L’exploration d’épaves a toujours exercé une fascination puissante, un mélange de mystère historique et d’aventure sous-marine. Longtemps réservée aux plongeurs expérimentés et équipés, cette quête est aujourd’hui devenue plus accessible grâce à des technologies innovantes comme les drones sous-marins, ou ROV (Remotely Operated Vehicle). Récemment, j’ai eu la chance de vivre cette expérience en filmant une épave locale avec le Fifish V6 de QYSEA. Voici le récit de cette exploration et les réglages précis que j’ai utilisés pour capturer des images saisissantes.
Le Récit d’une Plongée Virtuelle
L’objectif était une petite barge coulée volontairement il y a plusieurs décennies pour créer un récif artificiel. Située à une vingtaine de mètres de profondeur, elle est connue des plongeurs locaux, mais la filmer avec un drone offrait une perspective nouvelle. La préparation fut essentielle : vérification de la météo, des courants, et surtout, charge complète de toutes les batteries (drone, télécommande, et écran).
Une fois sur site, la mise à l’eau du Fifish V6 est d’une simplicité déconcertante. Le drone plonge, et l’écran de mon téléphone, clipsé à la manette, devient ma fenêtre sur les profondeurs. La descente est magique. Les premiers mètres ne sont que particules en suspension et camaïeu de bleus et de verts. Puis, une masse sombre commence à se dessiner. C’est elle. La coque recouverte de concrétions et d’anémones apparaît, majestueuse et silencieuse.
Le pilotage du Fifish V6, avec sa liberté de mouvement à 360°, est incroyablement intuitif. J’ai pu longer la coque, pivoter pour inspecter le pont, et même m’incliner pour filmer le dessous de la structure, des manœuvres impossibles pour un plongeur classique. La principale difficulté fut de gérer la turbidité de l’eau et la faible luminosité. Les puissants phares du drone se sont avérés indispensables, mais il fallait trouver le bon angle pour ne pas surexposer les particules en suspension et créer un « brouillard » lumineux. J’ai passé près de 45 minutes à explorer chaque recoin, observant les bancs de poissons qui ont élu domicile dans cette carcasse de métal, avant que l’indicateur de batterie ne me signale qu’il était temps de remonter.
Les Réglages Essentiels du Fifish V6 pour Filmer une Épave
Obtenir de belles images en conditions de faible luminosité et en milieu aquatique demande des réglages spécifiques. Voici la configuration que j’ai adoptée après plusieurs essais.
- Paramètres de la caméra :
- Résolution : 4K à 30 ips (images par seconde). Le 4K offre un niveau de détail exceptionnel, crucial pour mettre en valeur les textures de l’épave (rouille, vie marine). Les 30 ips donnent un rendu fluide et cinématique, suffisant pour des mouvements lents.
- ISO : Réglage manuel, maintenu le plus bas possible (entre 400 et 800). Monter plus haut aurait introduit trop de bruit numérique dans les zones sombres. J’ai préféré compenser avec la puissance des phares.
- Balance des blancs (White Balance) : C’est LE réglage le plus important. Au lieu du mode automatique, j’ai opté pour un réglage manuel en utilisant une charte de gris juste sous la surface pour calibrer. Si vous n’en avez pas, un réglage manuel autour de 6500K est un bon point de départ pour compenser la dominante bleue/verte de l’eau.
- Profil de couleur : J’ai utilisé le profil de couleur « Normal ». Pour les plus experts, un profil plat (si disponible sur votre modèle) permet plus de flexibilité en post-production (étalonnage).
- Éclairage :
- Les deux phares de 4000 lumens du Fifish V6 sont son plus grand atout. Je les ai réglés sur une puissance de 80%. À 100%, ils éclairaient trop les particules proches de l’objectif. J’ai constamment joué avec l’orientation du drone pour que la lumière soit rasante plutôt que frontale, ce qui fait ressortir les reliefs et évite l’effet « plat ».
- Pilotage :
- Mode de stabilisation (Posture Lock) : Activé en permanence. Il permet de verrouiller l’inclinaison et l’orientation du drone pour réaliser des travellings fluides et stables.
- Vitesse : Réglée sur le mode lent (« Slow »). Des mouvements amples, lents et contrôlés sont beaucoup plus cinématiques et professionnels que des déplacements rapides et saccadés.
Mes Conseils pour Réussir vos Vidéos d’Épaves
- Gérez votre câble : Le câble est votre seule contrainte. Assurez-vous qu’il ne s’emmêle pas et qu’il ne se coince pas dans la structure de l’épave. Un bon enrouleur est indispensable.
- Soyez patient et méthodique : Ne vous précipitez pas. Prenez le temps de faire des plans larges pour situer l’épave, puis rapprochez-vous pour capturer les détails. Variez les angles et les mouvements.
- Ne négligez pas la post-production : Même avec de bons réglages, les images brutes peuvent manquer de contraste et de couleur. Un logiciel de montage vidéo vous permettra de corriger la colorimétrie, d’ajuster la luminosité et de sublimer vos prises de vue.
- Travaillez avec un assistant : Si possible, ayez quelqu’un avec vous pour gérer le câble et surveiller les alentours pendant que vous vous concentrez sur le pilotage et le cadrage.
Conclusion : Plus qu’un Drone, un Outil d’Exploration
Filmer cette épave avec le Fifish V6 a été une expérience inoubliable. Au-delà de l’aspect technique, c’est la capacité à explorer et à partager un monde caché qui est la plus grande récompense. Ce drone n’est pas un simple gadget, mais un véritable prolongement de notre curiosité, nous permettant de devenir des explorateurs des temps modernes. L’aventure sous-marine n’est plus réservée à une élite ; elle est désormais à portée de main, attendant simplement d’être filmée.
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